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vendredi 18 mars 2011

...Leçon n°2...



Hokusai Katsushika (1760-1849) ; Ejiri dans la province de Suruga ( Sunshû Ejiri)


Le voleur
M'a tout emporté, sauf
La Lune qui était à ma fenêtre.

Ryôkan (1757-1831)

mercredi 16 mars 2011

...Leçon n°1...



Hokusai Katsushika (1760-1849) ; La Grande Vague de Kanagawa, 1831

Si pour retenir
La Lune qui traverse la nuit
D'un noir d'encre
Sur les montagnes de l'Ouest
Se trouvait une barrière !

Anonyme ; Japon, VIIIe siècle

dimanche 31 mai 2009

... Des cieux et du hasard ...





Ce matin, au jardin, j'ai cueilli des roses
Et je craignais d'être vu par le jardinier.
Je l'entendis me dire avec douceur :
« Qu'est-ce que des fleurs ? Je te donne tout le jardin. »




Si le vent agite les boucles de tes cheveux
La lune te souhaitera longue vie dans tous les cœurs.
O donneur de conseils ! Tu oublieras toi-même et tes conseils
S'il arrive à ton âme ce que ton cœur a goûté.




Mes lèvres ne s'ouvrent pas sans tes lèvres
Et l'origine des paroles n'existe pas sans tes lèvres.
Dieu a fermé la porte de mon cœur, en l'absence de tes lèvres.
Il m'a dit : « N'ouvre pas tes lèvres en l'absence de ses lèvres. »




Ton amour apporte la guérison du monde
La séparation d'avec toi est telle l'heure de la mort, elle emporte l'âme.
Ce cœur qu'on n'échangerait pas pour cent mille âmes,
Avec un sourire de toi les emporte gratuitement.




Je veux tenir un langage sans paroles,
Un langage secret pour toutes les oreilles
Nul, sauf toi, n'entendra ce que j'ai à dire,
Quoique je le dise au sein de la foule des gens.




Crois-moi, l'amour est une action noble
S'il y a un défaut, c'est que la nature de l'esprit est mauvaise.
Tu donnes le nom d'amour à ta sensualité :
Il y a bien du chemin entre la sensualité et l'amour !




Dans la roseraie je sens le parfum de tes lèvres
Je vois ta couleur dans la tulipe et le jasmin.
S'il n'en était pas ainsi, j'ouvrirais mes lèvres
Afin qu'elles disent ton nom, et que je l'écoute.




Ma Bien-Aimée m'a dit : « Si tu veux acheter
Les baisers de chaque bien-aimée, achète-les à moi-même. »
J'ai dit : « Avec de l'or ? » Elle répondit : « Que ferais-je de l'or ? »
J'ai dit : « Avec mon âme ? » Elle répondit : « oui, oui. »




Au moment où mon essence se transformera en océan universel
La beauté des atomes sera pour moi lumineuse.
C'est pourquoi je brûle comme la chandelle, afin que, dans la voie de l'amour,
Tous les instants pour moi deviennent un seul instant.


Djalâl-Od-Dîn Rûmî* (1207-1273) ; Rubâi'yât :


*Mystique musulman persan qui a profondément influencé le soufisme. Il existe une demi-douzaine de transcriptions du prénom Djalal-el-dine, « majesté de la religion » (de djalal, majesté, et dine, religion, mémoire, culte). Il reçut très tôt le surnom de khodâvendegâr, ou mawlânâ khodâvendegâr ou mevlânâ, qui signifie « notre maître ». Son nom est intimement lié à l'ordre des « derviches tourneurs » ou mevlevis, une des principales confréries soufies de l'Islam, qu'il fonda dans la ville de Konya en Turquie.

vendredi 17 avril 2009

Ce que se dirent Achille et la tortue ...



Lewis Carroll par lui-même


Achille avait rattrapé la tortue et s'était installé sur son dos, bien à l'aise.
- Vous avez donc, dit la tortue, réussi à terminer cette course. Elle se compose pourtant bien d'une série infinie de distances ? Il me semblait qu'un savant - je ne me rappelle plus son nom - avait prouvé que c'était impossible ?
- C'est tout à fait possible, répondit Achille. C'est même chose faite ! Solvitur ambulando. Les distances, voyez-vous, diminuaient constamment, si bien que ... La tortue l'interrompit :
- Mais si, au contraire, elles avaient augmenté constamment ? Que se serait-il passé ?
- En ce cas, je ne serais pas ici, répondit Achille avec modestie, et quant à vous, vous auriez fait plusieurs fois le tour du monde !
- Vous me faites rougir, rugir, veux-je dire, déclara la tortue ; car vous pesez un rude poids, je vous l'assure ! Cela dit, voulez-vous que je vous raconte une course que la plupart des gens s'imaginent pouvoir terminer en deux ou trois pas, et qui, en réalité, se compose d'un nombre infini de distances, dont chacune est supérieure à la précédente ?
- Volontiers, dit le guerrier grec, tirant de son casque (rares étaient, en ce temps-là, les guerriers grecs munis de poches) un énorme carnet ainsi qu'un crayon. Vous pouvez commencer ! Et parlez lentement, je vous en prie ! On n'a pas encore inventé la sténographie.
- Ah ! murmura la tortue, l'air rêveur, je pense à cette grandiose première proposition d'Euclide ! Aimez-vous Euclide ?
A la folie ! C'est-à-dire, autant qu'on puisse aimer un homme dont le traité ne sera publié que d'ici plusieurs siècles !
- Bien ; en ce cas, considérons une toute petite partie du raisonnement que contient cette première proposition, deux étapes, sans plus, ainsi que la conclusion qu'il en tire. Ayez la bonté de les inscrire sur votre carnet. Et, pour la commodité, appelons-les A, B et Z ;

A. Deux choses égales à une même troisième sont égales entre elles.

B. Les deux côtés de ce triangle sont égaux à un même troisième.

Z. Les deux côtés de ce triangle sont égaux entre eux.




Illustration de Max Ernst pour Logique sans peine



Tout lecteur d'Euclide admettra, du moins je le présume, que Z découle logiquement de A et B, et que, si l'on admet la vérité de A et de B, on est contraint d'admettre celle de Z ?
- Sans aucun doute ! Le moindre élève de lycée dès que les lycées seront inventés, c'est-à-dire dans quelque deux mille ans - admettra cela.
- Et si un lecteur n'avait pas encore admis la vérité de A et de B, il pourrait cependant, du moins je le présume, admettre la validité de la suite des propositions ?
- On pourrait probablement rencontrer un lecteur de ce genre. Il dirait sans doute : "J'accepte pour vraie la proposition hypothétique suivante : si A et B sont vrais, Z est nécessairement vrai, mais je ne reconnais pas la vérité de A et de B". Ce lecteur aurait fort intérêt à renoncer à Euclide, et à s'orienter vers le football.
- Ne pourrait-on également rencontrer un lecteur pour affirmer : "J'accepte pour vrais A et B, mais je n'admets pas l'hypothétique ?"
- Cela est évidemment possible. En ce cas, lui aussi ferait mieux de s'orienter vers le football.
La tortue poursuivit : "Mais aucun de ces deux lecteurs n'est jusqu'à présent contraint logiquement d'accepter Z pour vrai ?
- Exactement, reconnut Achille.
Bien. En ce cas, j'aimerais que vous me considériez comme appartenant à la deuxième catégorie, et que vous m'obligiez logiquement à accepter la vérité de Z.
- Une tortue jouant au football, commença Achille.
- Serait une anomalie, bien entendu, se hâta d'interposer la tortue. Ne vous écartez pas du sujet. Z d'abord, le football ensuite !
- Donc, si je comprends bien, je dois vous contraindre à accepter Z ?, dit Achille d'un ton rêveur. Et votre position, pour l'instant, c'est que vous admettez A et B, mais sans admettre l'hypothétique.
- Appelons-la C, dit la tortue.
- Mais sans admettre la proposition C que voici : si A et B sont vrais, Z est nécessairement vrai.
- C'est effectivement là ma position actuelle, déclara la tortue.
Il faut donc que je vous demande d'admettre C.
- Je le ferai, dit la tortue, dès que vous l'aurez inscrite sur votre carnet. Que contient-il d'autre ?
- Rien que de petits comptes rendus, dit Achille en tournant les pages avec agitation ; de petits comptes rendus des combats dans lesquels je me suis particulièrement distingué !
- Quelle foule de pages vierges !, fit observer la tortue avec entrain. Nous en aurons bien besoin ! (Achille sentit un frisson le parcourir). Écrivez donc ce que je vais vous dicter :

A. Deux choses égales à une même troisième sont égales entre elles.

B. Les deux côtés de ce triangle sont égaux à un même troisième.

C. Si A et B sont vrais, Z est nécessairement vrai.

Z. Les deux côtés de ce triangle sont égaux entre eux.




Illustration de Max Ernst pour Logique sans peine



- Vous devriez dire D, et non Z, dit Achille. C'est une proposition qui vient immédiatement après les précédentes. Si l'on accepte A, B, et C, on doit nécessairement accepter Z.
- Pourquoi nécessairement ?
- Parce qu'elle en découle logiquement. Si A, B et C sont vrais, Z est nécessairement vrai. Vous n'allez pas contester ce point ?
La tortue répéta la phrase d'un ton pensif : "Si A, B et C sont vrais, Z est nécessairement vrai. Nous avons là, n'est-ce pas vrai ? une nouvelle hypothétique. Et si je ne réussissais pas à en apercevoir la vérité, il me serait toujours loisible d'admettre A, B et C, et pourtant de ne pas admettre Z ?
- Ce serait possible, reconnut avec franchise notre héros ; cela dit, un esprit aussi obtus serait proprement phénoménal. Enfin, c'est une attitude possible. Je dois donc vous demander d'admettre une nouvelle hypothétique.
- Très bien. Je suis toute prête à l'admettre, dès que vous l'aurez inscrite sur votre carnet. Nous l'appellerons D. Si A, B et C sont vrais, Z est nécessairement vrai. Avez-vous enregistré cela sur votre carnet ?
- Voilà qui est fait ! s'écria gaiement Achille en replaçant le crayon dans sa gaîne. Nous voici donc parvenus au terme de cette course imaginaire ! Puisqu'à présent vous admettez A, B, C et D, il va sans dire que vous acceptez Z ?
- Ah ! Vraiment ? fit la tortue d'un ton innocent. Entendons-nous bien : j'admets A, B, C et D. Mais si je refusais toujours d'admettre Z ?
- En ce cas, la logique vous prendrait à la gorge et vous y contraindrait !, répliqua Achille, triomphalement. La logique vous dirait : "Vous ne pouvez pas faire autrement. Puisque vous avez admis A, B, C et D, vous devez nécessairement admettre Z ! Vous voyez bien que vous n'avez pas le choix".
- Toute parole tombée des lèvres de la logique mérite d'être notée, dit la tortue. Soyez donc assez bon pour l'écrire sur votre carnet. Nous dirons : E. Si A, B, C et D sont vrais, Z est nécessairement vrai. Tant que je n'ai pas admis cette proposition, il est bien entendu, n'est-ce pas ? que je ne suis pas obligée d'admettre Z ? Vous voyez donc bien qu'il s'agit là d'une étape nécessaire ?
- Je vois, dit Achille. Sa voix était chargée de tristesse.




Illustration de Max Ernst pour Logique sans peine



A ce point de la discussion, le narrateur, contraint de se rendre de toute urgence à sa banque, dut abandonner nos deux amis, et ne put repasser par là que plusieurs mois plus tard. Il s'aperçut alors qu'Achille était toujours juché sur le dos de la patiente tortue, et écrivait quelque chose sur son carnet - lequel paraissait presque rempli de notes. La tortue était en train de demander : "Avez-vous enregistré cette dernière étape ? Si je ne me trompe, nous en sommes au numéro mille et un. Il nous en reste encore plusieurs milliers à voir. Je me permets de vous demander une faveur, à titre tout à fait personnel : eu égard à l'enrichissement considérable que notre entretien représentera pour les logiciens du XIXe siècle, verriez-vous un inconvénient à faire vôtre un calembour que, vers cette époque, pourrait faire ma cousine la Fausse Tortue, et à vous laisser rebaptiser "habile" ?
- Comme vous voulez ! répondit le lutteur lassé, et dans sa voix retentissaient les sombres sonorités du désespoir, tandis qu'il ensevelissait son visage entre ses mains. A condition cependant que, en ce qui vous concerne, vous fassiez vôtre un calembour que la Fausse Tortue a effectivement fait, et que vous vous laissiez rebaptiser "torture".


Lewis Carroll (1832-1898) ; Logique sans peine, 1897




Lewis Carroll




mardi 15 avril 2008

...Rien...


Après avoir médité six longues années sur le mot "rien", qui se prononce wu en Chine et mu au Japon, l'honorable Wu-Men Hui K'ai (1183-1260) écrivit enfin ce poème, qui clôt définitivement la question :

Rien, rien, rien, rien, rien,
Rien, rien, rien, rien, rien,
Rien, rien, rien, rien, rien,
Rien, rien, rien, rien, rien.

mercredi 2 avril 2008

Rien n'est vrai, tout est possible...



L'écrivain et savant persan Ghiyath ed-din Abdoul Fath Omar Ibn Ibrahim al-Khayyām Nishabouri, plus connu sous le nom d'Omar Khayyām serait né le 18 juin 1048 à Nichapur en Perse (actuel Iran) et mort le 4 décembre 1131.


La vie de Khayyam est entourée de mystère, et peu de sources sont disponibles pour nous permettre de la retracer avec précision. Les chercheurs pensent généralement qu'Omar Khayyam est né dans une famille d'artisans de Nichapur (son père était probablement fabriquant de tentes). Il a passé son enfance dans la ville de Balhi, où il étudie sous la direction de Sheik Mohammad Mansuri, un des chercheurs les plus célèbres de son temps. Dans sa jeunesse, Omar Khayyām étudie aussi sous la direction de Imam Mowaffak de Nishapur, considéré comme le meilleur professeur du Khorasan.
La légende dit, qu'Abou-Ali-Hassan (Nizam al-Mulk) et Hassan ibn al-Sabbah étudiaient alors également sous la direction de ce maître ; ce qui allait donner lieu à une sorte de pacte légendaire entre les trois hommes. La croyance populaire voulait que tout jeune homme qui étudiait sous les ordres de cet éminent Imam connaitrait un jour bonheur et honneur. Les trois étudiants, étant devenus amis, auraient alors fait le serment suivant : « Celui d'entre nous qui atteindra la gloire ou la fortune devra partager à égalité avec les deux autres ». Cette alliance légendaire reste toutefois bien improbable lorsqu'on sait que Nizam al-Mulk était de 30 ans l'ainé d'Omar et qu'hassan-ibn-Sabbah devait avoir au moins 10 ans de plus que Khayyam.
Après que Nizam al-Mulk soit devenu grand vizir de Perse, les deux autres vont le voir. Hassan Sabbah, qui est ambitieux, demande une place au gouvernement, qu'il obtient immédiatement et dont il se servit plus tard pour essayer de prendre le pouvoir à la place de son bienfaiteur. Ce n'est qu'après s'être fait éliminer suite à cette tentative qu'il devient le chef des Hashishins (secte Soufi qui donna son nom au mot français assassin et dont son fondateur prit comme devise : "Rien n'est vrai, tout est possible"). Khayyam, qui est moins ambitieux, ne demande pas de poste officiel, mais juste un endroit pour vivre, étudier la science et prier. Il reçoit alors une pension de 1 200 mithkals d'or de la part du trésor royal ; et cette pension lui permet de vivre jusqu'à la fin de sa vie.




1
Un matin, j'entendis venir de notre taverne une voix qui disait :
A moi, joyeux buveurs, jeunes fous ! Levez-vous, et venez remplir
encore une coupe de vin, avant que le destin vienne remplir celle de
notre existence.



7
Lorsque je serai mort, lavez-moi avec le jus de la treille ; au lieu
de prières, chantez sur ma tombe les louanges de la coupe et du vin,
et si vous désirez me retrouver au jour dernier, cherchez-moi sous
la poussière du seuil de la taverne.




20
La distance qui sépare l'incrédulité de la foi n'est que d'un souffle,
celle qui sépare le doute de la certutude n'est également que d'un
souffle ; passons donc gaiement cet espace précieux d'un souffle, car
notre vie aussi n'est séparée de la mort que par l'espace d'un souffle.



25
Ô mon pauvre coeur ! Puisque ton sort est d'être meurtri jusqu'au
sang par le chagrin, puisque la nature veut que tu sois chaque jour
accablé d'un nouveau tourment, alors, ô âme ! Dis-moi ce que tu
es venue faire dans mon corps, dis, puisque tu dois enfin le quitter un jour ?



29
Avant toi et moi, il y a eu bien des crépuscules, bien des
aurores, et ce n'est pas sans raison que le mouvement de rotation a
été imprimé aux cieux. Sois donc attentif quand tu poseras ton pied
sur cette poussière, car elle a été sans doute la prunelle des yeux d'une jeune beauté.



47
Tu as parcouru le monde, eh bien ! Tout ce que tu y as vu n'est
rien ; tout ce que tu y as vu, tout ce que tu y as entendu n'est également rien.
Tu es allé d'un bout de l'univers à l'autre, tout cela n'est rien ;
tu t'es recueilli dans un coin de ta chambre, tout cela n'est encore rien, rien.



123
Oh ! Que de temps où nous ne serons plus et où le monde sera encore !
Il ne restera de nous ni renommée, ni trace. Le monde n'était pas incomplet
avant que nous vinssions ; il n'y sera rien de changé non plus
quand nous en serons partis.



145
Dans les régions de l'âme, il faut marcher avec discernement ;
sur les choses de ce monde il faut être silencieux. Tant que nous
aurons nos yeux, notre langue, nos oreilles, nous devons être
sans yeux, sans langue, sans oreilles.




150
Sur la terre, personne n'a étreint dans ses bras une charmante
aux joues colorées du teint de la rose sans que le temps ne soit
venu d'abord lui planter quelque épine dans le coeur. Vois plutôt
le peigne : il n'a pu parvenir à caresser la chevelure parfumée
de la beauté qu'après avoir été découpé en une foule de dents.



168
On assure qu'il y aura un paradis peuplé de houris, qu'on y trouvera
du vin limpide et du miel. Il nous est donc permis d'aimer le vin
et les femmes ici-bas, car notre fin ne doit-elle pas aboutir
à cela ?



234
Ma bien-aimée (puisse sa vie durer aussi longtemps que mes chagrins !)
a recommencé à être aimable pour moi. Elle a jeté sur mes yeux
un doux et furtif regard et a disparu, en se disant sans doute :
Faisons le bien et jetons-le dans l'eau.




257
Lorsque tu seras en compagnie d'une belle à taille de cyprès, au
teint plus frais que la rose nouvellement cueillie, ne t'éloigne pas
des fleurs de la prairie, ne laisse point échapper la coupe de ta main ;
(fais cela) avant que l'aquilon de la mort, semblable au vent qui disperse
les feuilles de roses, mette en lambeau l'enveloppe de ton être.





Omar Khayyam ; Robaiyat

mardi 1 janvier 2008

Lao sur la Montagne...


Le retour, c'est le mouvement du Tao ;
la faiblesse c'est ce qui permet au Tao
d'entrer en fonction.


Tous les êtres du monde
sont issus de l'Être ;
l'Être est issu du Néant.




Ma Lin ; En écoutant le vent dans les pins (1246)



Sans franchir sa porte,
on connaît le monde entier.
Sans regarder par sa fenêtre,
on voit la voie du ciel.

Plus on va loin
moins on connaît.

Le saint connaît sans voyager,
définit sans voir,
accomplit sans agir.


Lao Tseu ; Tao-tö king


Tchang Feng ; Paysage d'automne (1660)